Agriculture

Coopérant au Bénin : de surprises en surprises

Des us et coutumes qui font écarquiller les yeux

— Coopérant au Bénin, Daniel Morin livre ici un texte où les us et coutumes font écarquiller les jeux.

Porto-Novo, le 14 juin 2017 — Il y a longtemps que j’ai écrit, mais je suis toujours au Bénin en appui à la commercialisation du maïs. Je continue chaque jour à découvrir le pays, ses habitants et leur manière de voir et de faire les choses. Je vous fais part de deux de ces manières qui n’ont, au premier abord, aucun lien entre elles. La première est vue est à travers mes yeux de professionnel de l’agriculture, la deuxième à travers mes yeux de petit-fils, fils et frère de boucher.

production de maïs

Je suis dans le même entrepôt que la dernière fois, mais cette fois-ci avec le président de l’Association des producteurs de maïs, Firmin Ogoutoessi. Presque tout le maïs a été vendu au prix qui fera l’envie de certains : 435$ la tonne!

Dès mon arrivée au Bénin, j’ai lu ce qui suit dans un rapport récent : Par ailleurs, il faut souligner que les participants ont attiré l’attention sur deux facteurs de risques qui pourraient constituer un frein (à la production du maïs). Il s’agit de la divagation des animaux qui dévastent les exploitations et du phénomène du blocage de la pluie qui serait répandu dans la commune.

Je me demandais ce qu’était « le blocage de la pluie ». Rapidement, en écoutant les conversations, j’ai eu la réponse. Il s’agit d’un pouvoir que détiennent certaines personnes pour bloquer ou faire tomber la pluie selon les besoins des personnes qui les interpellent. Par exemple, j’ai une fête chez moi samedi prochain, je ne veux pas qu’il pleuve. Si je donne au bloqueur de pluie la somme demandée et qu’il pleut le samedi, il pleuvra partout autour, mais pas chez moi. Cependant, quand la grande saison des pluies arrive, le risque pour les bloqueurs de pluie est trop grand, ils s’abstiennent. L’énergie que le blocage leur demanderait pourrait en effet leur être fatale. C’est du moins ce plusieurs m’ont raconté très sérieusement.

La deuxième manière étrange est celle de dépecer un agneau ou un chevreau après l’abattage. Une fois saigné, on attache bien serré le cou de l’animal et on fait une petite entaille sur une patte arrière. À partir de l’entaille, on souffle dans l’animal pour le faire gonfler. Une fois bien gonflé, c’est facile de le raser avec le l’eau savonneuse. Mais attention, en le rasant, un mauvais geste peut tout faire dégonfler ! Une fois bien rasée, la peau devient toute lisse, facile à enlever et prête à être cuisinée. Et ce n’est pas mauvais du tout !

Sur cette recette pour vos BBQ, je vous souhaite un été pas trop pluvieux !

Daniel, coopérant au Bénin, le yovo de Porto-Novo

 

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