Agriculture

La ferme et son état crée le débat

Succès de la première table ronde sur le film La ferme et son état

La ferme et son état a permis, le 2 novembre dernier, à près de deux cents personnes d’échanger sur la question posée par ce grand documentaire : y-a-t-il de la place au Québec pour une agriculture différente?

Organisée conjointement par l’Institut Jean-Garon et le Musé québécoise de l’Agriculture et de l’Alimentation de La Pocatière, au cinéma Le Scénario, la projection spéciale du film a permis d’en débattre. La présence dans la salle d’une forte proportion d’Étudiants et d’Étudiantes de l’IT A de La Pocatière a été soulignée et appréciée car c’est principalement aux jeunes qui aspirent à l’agriculture que l’auteur, Marc Séguin, a dédié son film.

Les panélistes invités étaient M. Pierre Lemieux, premier vice-président de l’UPA, M. Roméo Bouchard, fondateur de l’Union paysanne, Yan Turmine, industriel et chroniqueur au journal La Vie agricole, et Simon Bégin, porte-parole de l’Institut Jean-Garon. M. Richard Lavoie, du Musée québécois de !’Agriculture et de !’Alimentation, a agi comme modérateur.

Les échanges entre les panelistes et la salle ont parfois été vifs notamment sur les raisons qui empêchent cette agriculture différente, faite de bio, de petites fermes de proximité et de méthodes non traditionnelles, de prendre toute la place qu’elle pourrait dans une région comme le Kamouraska, en manque de relève agricole.

De nouveaux modèles d’agriculture non soutenus

L’accès à la terre, aux quotas de production ou au financement, de même que l’absence de politiques vraiment agressives pour soutenir ces nouveaux modèles, ont été évoqués comme principaux obstacles au changement.

Selon Yan Turmine, les américains investissent présentement des milliards pour adapter leur agriculture aux demandes des consommateurs pour du bio, le respect du confort animal et de l’environnement, et des bons prix. S’il ne prend pas le taureau par les cornes, le Québec risque d’être balayé par cette vague de changement.

Des visions divergentes

Les échanges les plus vifs ont été entre MM. Bouchard et Lemieux sur le rôle de l’UPA face ê cette nécessaire transition, un rôle de frein pour préserver des acquis, selon M. Bouchard, un rôle d’accompagnement tout en respectant la sécurité financière des entreprises établies, selon M. Lemieux.

Pour sa part, Simon Bégin a salué le rôle pédagogique du film de Marc Séguin qui, comme veut le faire l’Institut Jean-Garon, contribue ê combler le fossé entre le monde rural et le monde urbain au Québec. Selon lui, Il faut que les citoyens prennent conscience de l’importance des enjeux agricoles en cours pour que les politiciens agissent.

Il s’agissait de la première d’une série de projections spéciales de La ferme et son État avec table ronde que l’Institut Jean-Garon organise ê travers le Québec, une première couronnée de succès grâce ê l’appui du milieu de La Pocatière.

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