Agriculture

Coopérant au Bénin, Daniel Morin, le yovo

« C’est le maïs qui me fait vivre, dans mon assiette comme au travail»

Daniel Morin, le yovo

— Coopérant au Bénin depuis deux mois maintenant, Daniel Morin perd petit à petit ses points de repère sénégalais qui ne lui servent plus beaucoup.

Daniel Morin, coopérant

Sur des sacs de maïs, le coopérant au Bénin, Daniel Morin en compagnie du Secrétaire général d’UPA DI, André Beaudoin, et d’un producteur de maïs, Médard Noudéviwa, gestionnaire du magasin.

Mon intégration se fait bien. Comme au Sénégal, la religion est très présente, mais surtout catholique et d’une multitude d’Églises d’inspiration évangéliste. Je n’entends plus beaucoup l’appel à la prière musulmane et je ne ferai pas le ramadan cette année. J’ai plutôt participé aux offices de Pâques dans une église toujours bondée.

Je ne croise plus de charrettes tirées par les ânes ou les chevaux. Ce sont plutôt les mototaxis qui monopolisent la route. J’ai vu y monter jusqu’à six personnes : le chauffeur, une maman, son bébé au dos et trois autres enfants. J’ai aussi vu un berger sur sa moto avec ses douze moutons, six de chaque côté, bien ficelés. Mais ce qu’on transporte le plus, ce sont d’énormes bidons d’essence nigériane qui sera vendue au détail sur la route dans toutes sortes de contenants, petits et grands.

La chaleur est soutenue, toujours au-dessus de trente degrés avec au moins 70 % d’humidité. La grande saison des pluies qui commence rafraîchit quand même un peu le temps et le maïs commence à pousser. Depuis mon arrivée, c’est le maïs qui me fait vivre, dans mon assiette comme au travail. Presque tous les travaux sont réalisés à la main et la récolte est ensachée dans des sacs de 100 kg transportés sur le dos ou sur la tête. Il y a des petits moulins un peu partout en ville où l’on moud le maïs en farine qui sert à cuisiner la pâte que l’on mange tous les jours.

Coopérant au Bénin pour UPA DI

Je travaille toujours pour UPA DI pour un programme hollandais nommé ACMA (Approche communale pour le marché agricole). De grands entrepôts à maïs ont été construits dans le cadre de ce programme. Ils ont été remis aux communes (municipalités) et leur gestion est confiée à des associations de producteurs ou de commerçants de maïs. Avec des collègues béninois, nous aidons ces associations à renforcer leur gestion interne et celle des entrepôts. Je me suis remis aux formulaires et aux procédures, comme au Sénégal l’an dernier.

Là-dessus, je vous dis Édabo, c’est-à-dire, au revoir en fon, la langue la plus parlée à Porto-Novo.

Daniel, le yovo*

* Le yovo, c’est le blanc en langue fon. Lorsque les enfants me voient, ils s’amusent à chanter yo-vo, yo-vo, bon-soir… même le matin. Il n’y a pas beaucoup de yovo à Porto-Novo.

 

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