En manchette

Norbert Morin, l’organisateur devenu député

L’homme politique quittera sa fonction de député à l’automne

Norbert Morin, l’organisateur devenu député ne sera pas candidat pour le parti Libéral du Québec à la 42e élection générale, le 1er octobre prochain.

par Raynald Laflamme

Au terme de son 4e mandat à titre de député provincial de Côte-du-Sud, Norbert Morin a choisi cette décision qui lui a été difficile à prendre. Cet homme est passionné de politique. Qui connaît l’homme, ne peut s’en surprendre.

« À la suite d’une longue réflexion, j’en suis venu à la conclusion qu’il était temps pour moi de passer le flambeau. Le Québec est en pleine évolution à l’instar du Parti libéral. Après toutes ces années passées en politique, il me fera un plaisir de mettre mon expérience au profit du prochain candidat ou de la prochaine candidate ! »

La politique municipale : en classe de préparation

Il a débuté sa vie publique très tôt en faisant ses classes en politique municipale. Fils de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, il deviendra conseiller municipal dans les années 70 sous le maire Oscar Garant. Ce siège de conseiller, il le conservera sans interruption jusqu’en 2002 sous l’administration du maire Jacques Dumas. Cette année-là, au retrait du maire Dumas de la politique active, il se fait élire pour la première fois à la mairie pour un bref mandat de quelques mois.

La politique provinciale : un député en devenir

Mais l’homme politique voyait plus grand. Parallèlement à son implication municipale, il faisait ses classes en politique provinciale. Dès 1972, il se fait remarquer à titre de bénévole à l’organisation de la campagne du candidat Libéral Julien Giasson, qu’il travaille à faire élire à titre de premier député de la nouvelle circonscription électorale de Montmagny-L’Islet. Avec l’élection de son candidat, il est à la bonne école. Puis avec le candidat Réal Gauvin, il deviendra un organisateur électoral redoutable. Il fera élire l’ancien maire de Saint-Adalbert à quatre reprises consécutives, de la première élection le 2 décembre 1985 à la quatrième le 30 novembre 1998.

D’organisateur à député : l’élection décisive

Au retrait de Réal Gauvin de la politique active après un quatrième mandat, Norbert Morin est fin prêt. Ses années d’organisateur lui ont permis de tisser sa toile dans les 26 municipalités de Montmagny-L’Islet. Il en aura besoin puisque son entrée comme député à l’Assemblée nationale le 14 avril 2003 s’est fait sur une majorité de 1005 voix, en baisse sur celle de son prédécesseur. Réal Gauvin avait été élu à l’élection précédente avec une majorité de 1805 voix.

Mais le coup dur s’en venait du côté droit, du côté de l’ADQ de Mario Dumont et de son candidat Claude Roy. Le 26 mars 2007, après seulement un mandat, Norbert Morin est défait par une majorité de 1193 voix. Un renversement qu’il s’explique difficilement au lendemain des élections sur les ondes de la radio locale de Montmagny. Blessée, la bête politique retourne panser ses blessures à la mairie de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud. Dans l’attente d’une revanche, il reconstruit sa base avec son organisation. Le travail est si bien fait qu’à l’élection suivante du 8 décembre 2008, il renverse la vapeur et défait à son tour son adversaire adéquiste cette fois par 4395 voix de majorité. L’effondrement du parti Québécois lui sourit.

Un député pour la nouvelle circonscription de Côte-du-Sud

Le rendez-vous électoral du 4 septembre 2012 lui pose un nouveau défi. La circonscription est remodelée en y intégrant les municipalités du Kamouraska sous la nouvelle désignation de Côte-du-Sud. Dans cette partie Est de la circonscription détenue jusqu’en 2010 par son ancien imminent collègue d’alors, Claude Béchard emporté par la maladie, l’organisateur devenu député en provenance de l’extrémité Ouest du comté va arracher une majorité de 3296 voix sur le candidat de la CAQ de François Legault.

Côte-du-Sud : le comté de Norbert Morin

Sa dernière élection sera le reflet de l’homme politique qu’il est devenu : accessible, à l’écoute, proche des gens et ardent défenseur des dossiers régionaux et à la fois ardent défenseur du parti Libéral, puisque Norbert Morin est avant tout un homme de parti. Il terminera donc sa carrière politique en étant élu avec une majorité méritée de 9255 voix sur la candidate Mireille Caron de la CAQ.

Norbert Morin : le sentiment du devoir accompli

Ses années en politique active s’inscrivent dans sa volonté d’améliorer la qualité de vie de ses concitoyens « du plus beau comté de la province » :

« Être au service des citoyennes et citoyens pendant une grande partie de ma vie et veiller à leur bien a été mon leitmotiv durant toute ma carrière. C’est avec le cœur rempli de merveilleux souvenirs et le sentiment du devoir accompli que je quitterai mes fonctions cet automne ».

Des dossiers sur le bureau du député Norbert Morin

Ainsi Norbert Morin tournera la page le 1er octobre à quatorze années à servir son monde à titre de député Libéral de la circonscription de Côte-du-Sud. Mais avant, le persévérant député rappelle à tous que « des dossiers importants sont toujours sur la table et qu’il est déterminé à tout mettre en œuvre afin qu’ils soient complétés avant la fin du présent mandat. »

Le parti Libéral du Québec récompensera-t-il l’organisateur devenu député en lui permettant de fermer ses livres à sa satisfaction ou laissera-t-il ces grands dossiers en plan pour le ou la future candidate dans le cadre de promesses électorales ?

Quoi qu’il en soit, trempé d’acier sous le feu Rouge, Norbert Morin est et à jamais un homme de parti !

 

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